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Anne Moreau, ergothérapeute consultante à Niort

Laurence Koch, ergothérapeute et responsable de l'information à l'Association nationale française des ergothérapeutes

Actualisé le 27/05/2019

Convaincre votre parent d'aménager sa maison

Votre parent s'oppose aux aménagements devenus nécessaires ? A vous de trouver les bons arguments et de faire preuve d'astuce pour le convaincre.

Lorsqu'ils vieillissent, nos parents n'ont pas conscience que leur environnement peut être devenu dangereux. Rien d'étonnant à cela… Après tout, n'ont-ils pas vécu des années sans problèmes dans cette maison ? Voici quelques conseils pour les convaincre d'agir avant qu'un accident ne se produise.


Avant tout, comprenez ce qui motive son refus


Il y a toujours une raison sous-jacente à l'opposition de votre proche.

C'est à vous de l'aider à mettre des mots dessus pour agir au mieux : Il vit la vieillesse comme une fatalité et trouve inutile de faire des efforts pour être mieux. Ou bien la perspective de l'aménagement de sa maison met en évidence une perte d'autonomie qu'il accepte mal. Dans ces deux cas, cela peut être le signe d'une dépression. Parlez-en à son médecin. Il voit d'un mauvais œil qu'un étranger pénètre dans son territoire et décide de tout y chambouler. Vous pourrez, en dialoguant, l'aider à avoir confiance en ceux qui interviennent dans l'aménagement, comme l'ergothérapeute ou les ouvriers.


Faites de l'aménagement son idée à lui


Personne ne peut forcer une personne âgée à réaménager son intérieur si elle n'en a pas envie. Mais vous pouvez guider votre parent vers la bonne décision.

Évitez qu'il ait la sensation de perdre la maîtrise des choses. Demandez-lui toujours son avis, et faites de vos propositions ses envies en lui posant les bonnes questions : « Tu ne trouves pas que le sol est glissant, que la pièce est trop sombre ? ». Si possible, proposez-lui de faire des essais : il sera moins réticent s'il sait qu'on peut revenir en arrière. Déplacez un meuble à un endroit plus approprié, rajoutez des lampes… Pointez avec lui les avantages qu'il en tire. Expliquez-lui tous les bienfaits qu'aura chaque aménagement dans sa vie de tous les jours. 


Demandez l’appui de personnes extérieures


Il peut être difficile pour votre proche d'entendre les arguments de ses enfants ou de son conjoint : il les juge exagérés et peu objectifs. Dans ce cas, faites intervenir des personnes extérieures au cadre familial, en qui votre proche a confiance et qui ont du recul vis à vis de la situation. Il peut s'agir de la femme de ménage, de l'aide à domicile, de son médecin… Vous pouvez même organiser une réunion avec eux, au cours de laquelle votre proche pourra exprimer ses craintes, ses interrogations, et auxquelles les intervenants pourront répondre. Ce type d'initiative réussira souvent à emporter l'adhésion de votre proche. Quoi qu'il arrive, n'aménagez jamais son logement à son insu. Car les changements que vous pensez bénéfiques pourront le perturber et être la cause de nouveaux dangers. 

Même avec l'accord de votre proche, n'engagez pas de travaux d'aménagement sans vous faire conseiller par : 

  • L'association nationale française des ergothérapeutes
  • Les Centres locaux d'information et de coordination (CLIC)
  • La Fédération des PACT, réseau associatif pour l'habitat          

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