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Yves Lassart, psychologue clinicien, Le retour à domicile après un accident vasculaire cérébral, Catherine Morin, 2009

Actualisé le 23/05/2019

Témoignage : mon parent va sortir de l'hopital et je me sens démuni


Il va sortir de l'hôpital : j'ai peur, je me sens démuni


Votre proche va sortir de l'hôpital et cela vous réjouit autant que ça vous inquiète. Comment faire face à cette nouvelle vie ? Comment gérer ses séquelles et ne pas le mettre en danger ? N'ayez pas peur de partager vos craintes, elles sont normales et il y a des solutions.


J'ai peur de le mettre en danger


Loin du milieu sécurisant de l'hôpital, vous risquez de vous sentir démuni face aux séquelles de votre proche : que pourra-t-il faire sans risque ? Saurai-je déceler un problème dans son comportement ? Préparez-vous à son retour en :

  • faisant part de vos angoisses à l'équipe soignante de votre proche. Demandez des rendez-vous si nécessaire avec son neurologue, son kinésithérapeute, son orthophoniste...
  • assistant à ses séances de rééducation : en connaissant ses capacités, vous appréhendez au mieux son retour et saurez à quoi être vigilant.
  • aménageant la maison : il y sera en sécurité dès son retour.


J'ai peur qu'il ne puisse rien faire et qu'il déprime


Votre proche risque en effet la dépression après son AVC, surtout quand les séquelles sont physiquement (hémiplégie) ou socialement (aphasie). Elle peut être plus ou moins prononcée et se déclarer sous différentes formes : incapacité ou difficultés à parler, à lire, à écrire et/ou à comprendre l'autre. C'est une notion difficile à cerner car souvent, le malade sait quel mot employer mais ne parvient pas à le verbaliser, ou bien comprend les mots, mais ne peut visualiser ce qu'ils représentent...) handicapantes. 


J'ai peur que nos relations ne soient plus les mêmes


Ne concentrez pas votre relation autour de ses séquelles - sans toutefois les négliger - afin qu'elle ne devienne pas une relation exclusivement « patient-soignant ». Par exemple : parlez-lui, s'il est aphasique, sur le même ton et des mêmes sujets qu'autrefois, ne le laissez pas à l'écart des conversations. N'abandonnez pas vos activités communes ou remplacez-les par de nouvelles, adaptées à ses séquelles : de nombreux sports sont proposés aux personnes handicapées (équitation, natation, athlétisme...), des jeux de société, activités musicales...

Préserver votre relation passe aussi par votre acceptation du handicap, en faisant le « deuil » de votre proche tel qu'il était avant. Cela sera naturel pour certains, très compliqué pour d'autres : tout dépend des liens que vous entretenez, de votre force psychologique et de votre vécu. Le travail de « deuil » peut prendre des années et aboutit :

  • à ne plus vivre uniquement dans le regret de votre vie passée : « je ne le retrouverai jamais tel qu'il était avant son AVC, j'en souffre beaucoup et ça prend toute la place ».
  • à vous réinvestir dans une nouvelle vie, avec de nouveaux paramètres : « la vie après son AVC est certes différente, mais elle nous donne de nouvelles possibilités et j'en suis heureux ».

Si vous n'acceptez pas les séquelles de votre proche, qu'elles vous font souffrir au point d'empêcher une relation sereine avec lui (colère, conflits, incompréhension...), n'hésitez pas à vous faire aider. Parlez-en par exemple à un psychologue qui, en fonction de votre histoire, vous aidera à emprunter le chemin du « deuil » et de la résilience.


J'ai peur d'être surchargé de travail


Cette crainte est légitime : le travail d'aidant n'est pas de tout repos. Renseignez-vous dès à présent sur les solutions pour ne pas être submergé :

  • pensez que votre proche sera, à sa mesure, capable de vous aider.
  • organisez-vous avec votre entourage pour les courses, le ménage, les visites de votre proche chez ses médecins...les accueils de jour pour personnes handicapées vous permettent d'avoir une ou plusieurs journées de libres dans la semaine. 

Auprès du CLIC le plus proche de chez vous si votre proche a plus de 60 ans, ou de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH Maison Départementale des Personnes Handicapées) s'il est plus jeune.


Si vous travaillez, vous pouvez bénéficier du congé de soutien familial : il dure trois mois et peut-être renouvelé sous certaines conditions. Enfin, pensez aux associations pour les patients ayant eu un AVC et leur entourage. Vous pourrez y partager vos craintes, vos solutions, vos astuces...          


Associations qui peuvent vous aider, vous et votre proche, à gérer vos angoisses et à vous conseiller sur le retour à domicile :

  • www.franceavc.comwww.aphasie.fr
  • www.moteurline.apf.asso.fr (site l'Association des Paralysés de France)
  • Pour envisager ensemble de nouvelles activités sportives : www.handisport.org
  • Pour les solutions de répit : clic-info.personnes-agees.gouv.fr ou www.mdph.fr

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